
Perte de sens au travail : quand le métier ne nourrit plus

Laetitia Duval Roussel
Psychopraticienne · Trun
Quand le travail sonne creux
Le réveil sonne, et avant même d'ouvrir les yeux, une pensée s'installe : « À quoi bon ? » Vous arrivez au travail, vous répondez aux messages, vous cochez vos tâches. Tout fonctionne, et pourtant, quelque chose sonne creux.
Si cela vous parle, sachez que vous n'êtes pas la seule personne à le vivre. Dans mes consultations, j'entends régulièrement cette phrase : « Je ne sais pas ce qui ne va pas, mais ce n'est plus comme avant. »
Ce que certaines personnes décrivent
- Une fatigue qui ne disparaît pas tout à fait après le week-end
- Le sentiment d'agir en pilote automatique, sans y mettre de soi
- Une difficulté à se projeter, ne serait-ce que dans six mois
- Une indifférence face à des réussites qui comptaient autrefois
- Des dimanches soirs lourds, ou un cynisme nouveau envers le métier, l'entreprise ou les collègues
Un ressenti, pas un défaut
La perte de sens n'est pas un manque de courage ni de volonté. Elle peut apparaître après un changement de poste, une réorganisation, un décalage entre ses valeurs et ce qui est demandé au quotidien. Parfois, elle s'installe lentement, sans raison évidente.
Les causes sont multiples et propres à chacun. Je ne cherche pas à poser d'étiquette sur ce que vous traversez : ce qui m'importe, c'est ce que vous ressentez, avec vos mots.
Ce vide n'est pas forcément le signe d'un échec. Certaines personnes le vivent comme une question qui demande à être entendue.
Prendre ce ressenti au sérieux, sans le minimiser ni le dramatiser, est souvent un premier pas.
Explorer ce que ce vide peut vous dire
Plutôt que de chercher tout de suite une solution, il peut être utile de regarder avec curiosité ce qui se passe. Que perdez-vous exactement ? L'autonomie, la reconnaissance, l'utilité de ce que vous faites, le lien avec les autres ? Chacun met derrière le mot « sens » quelque chose de différent.
Quelques questions pour commencer
- À quel moment de ma journée de travail ai-je le sentiment d'être le plus éteint(e) ou le(a) plus présent(e) ? (Observez simplement, sans juger.)
- Qu'est-ce qui comptait pour moi quand j'ai choisi ce métier ?
- Est-ce que ce qui m'est demandé aujourd'hui s'accorde encore avec mes valeurs ?
Exercice : les trois colonnes (environ 10 minutes)
Cet exercice d'écriture n'a pas vocation à remplacer un accompagnement. Il peut simplement vous aider à mettre un peu d'ordre dans vos impressions.
- Installez-vous au calme, assis(e), les pieds bien posés au sol.
- Respirez : inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
- Prenez une feuille et tracez trois colonnes : « Ce qui m'épuise », « Ce qui m'est indifférent », « Ce qui m'anime encore, même un peu ».
- Écrivez pendant 5 minutes, sans réfléchir ni corriger. Dix mots ou phrases par colonne suffisent.
- Relisez lentement, puis posez-vous une seule question : « Qu'est-ce que je remarque ? »
Certaines personnes sont surprises de voir que la troisième colonne n'est pas vide. D'autres constatent que la première contient moins de tâches que de situations relationnelles. Il n'y a pas de bonne réponse : ce que vous notez est une matière à explorer, éventuellement avec un professionnel.
Respecter son rythme
Vous n'avez pas à décider dès maintenant de tout changer. Démissionner, se reconvertir ou rester sont des questions qui méritent du temps. Explorer ce que vous ressentez ne vous engage à rien.
Quand consulter ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être à bout pour demander de l'aide. Vous pouvez envisager de consulter si :
- ce sentiment de vide dure depuis plusieurs semaines et ne s'allège pas ;
- il déborde sur votre sommeil, votre humeur ou vos relations proches ;
- vous vous sentez devenir indifférent(e) à ce qui vous importait ;
- vous tournez en boucle autour des mêmes questions sans trouver d'issue ;
- vous avez le sentiment de ne plus vous reconnaître dans votre rôle professionnel.
Si vous éprouvez une fatigue importante, des troubles du sommeil ou une tristesse qui s'installe, il est recommandé d'en parler aussi à votre médecin traitant, qui pourra évaluer votre situation globale. En cas de pensées sombres ou de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable à tout moment.
Ce que je vous propose à Trun
En tant que psychopraticienne, je vous offre un espace d'écoute sans jugement, où vous pouvez déposer ce que vous n'osez pas toujours dire à vos collègues ou à vos proches. Ensemble, nous prenons le temps de mettre des mots sur ce que vous traversez, de repérer ce qui compte pour vous et de questionner ce qui ne vous correspond plus.
Je ne détiens pas de réponse toute faite, et je ne peux rien promettre quant à l'issue. Mon rôle est de vous accompagner, à votre rythme, pour que vous puissiez y voir plus clair.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, n'hésitez pas à me contacter pour un premier échange.



